Nuage sur la distribution des fleurs coupées
La montée du nuage de cendre à mis en lumière la fragilité des équilibres entres les différentes catégories de production de fleurs coupées. L’immobilisation au sol des avions à cause des cendres du volcan islandais et ses conséquences sur le marché de la fleur suscitent bien des commentaires dans de nombreux médias. La situation des grossistes a été différemment impactée selon qu’ils sont spécialisés dans les fleurs d’importation (exotiques ou roses) ou qu’ils ont une offre en provenance de différentes origines, la partie exotique ne représentant alors qu’une partie minoritaire de leurs approvisionnements.
(extrait de la lettre de veille Médioflor – avril 2010)
Dans le premier cas, en peu de temps la situation menaçait de mettre en danger les entreprises en question. La seconde catégorie des grossistes ont favorisé les fleurs de substitution et/ou de proximité. C’était d’autant plus facile qu’il y a peu de clients qui exigent vraiment des produits précis. Par contre, tous les grossistes européens ont recherché les mêmes types de produit.
Ce qui a le plus manqué fin avril, ce sont les petites tiges : solidago, gypsophiles, hypéricums et les petites roses rouges de 40 cm, tout droit venues du Kenya. Cette catégorie était très recherchée pour compléter les bouquets de muguet par exemple. Certains les ont remplacé par des tulipes rouges (provenance Hollande), d’autres par des renoncules (provenance sud France). En France, la demande c’est juste équilibrée avec l’offre, en partie à cause des vacances scolaires en Ile de France qui ont vidé le plus grand bassin de consommation, mais la pénurie de fleurs est évitée de peu. Les prix commençaient à avoir la fièvre. Tous le monde s’accorde a être vigilants sur la qualité, lors de la reprise en particulier pour les fêtes des mères à travers l’Europe de l’ouest, certains produits ayant subi un long passage en frigo…
Cette perturbation imprévisible révèle le fragile équilibre installé depuis le début de ce siècle entre l’offre et la demande, en définitive l’offre n’est pas si surabondante que cela et la dépendance de l’équilibre du marché aux approvisionnements longue distance s’est révélé être une menace à prendre en compte pour favoriser la préservation de production locales.
Brand Wagenaar
