Publié par Brand Wagenaar le décembre 4, 2017

2 salons en Hollande, accélération des changements

FloraHolland Trade Fair  – 8 au 10 novembre –   International Flower Trade Faire

2 salons qui marquent l’évolution mondiale du commerce des fleurs et plantes

  • Eco responsabilité
  • Course au gigantisme
  • Bataille pour la maîtrise des datas
  • (lire la suite )

Traditionnellement depuis plus de quarante ans, je visite en Hollande, début novembre les salons qui font le point sur l’évolution de la filière horticole internationale. Deux manifestations ont occupé le devant de la scène du 8 au 10 novembre.

1) FHTF FloraHolland Trade Faire situé dans les bâtiments du marché coopératif à Aalsmeer

 Ce salon est le lieu ou il faut être pour rencontrer la filière ornementale internationale, le bon endroit pour améliorer son réseau, partager des connaissances et s’inspirer des nouvelles tendances. Les 50 obtenteurs et 650 producteurs de fleurs et plantes hollandais et internationaux présentent leurs offres, dans ses derniers développements, avec les nouveaux concepts produits. Les participants de fournitures présentent une large gamme d’articles permettant de créer de la valeur ajoutée pour le végétal ornemental. Plus de 15 000 visiteurs ont parcourus les allées de ce salon cette année.

Les exportateurs, les grossistes et leurs clients nationaux et étrangers peuvent s’inspirer car la Royal FloraHolland Trade Fair permet un aperçu complet de la gamme de fleurs, et plantes, des concepts produits, des nouveautés, et des développements marketing en lien avec des études sur les tendances de consommation.

2) IFTF International Flower Trade Faire, à Vifhuijzen en Hollande

 Sur ce salon plus petit, l’industrie mondiale de la floriculture se retrouve à Vijfhuizen, aux Pays-Bas. Lancée en 2010, cette exposition commerciale de 3 jours promeut le commerce de fleurs et de plantes fraîches en provenance des quatre coins de la planète, tout en visant à augmenter à la fois la production et la consommation. Ce sont surtout les obtenteurs de nouvelles variétés, les groupements et coopératives de producteurs et les acteurs de la logistique qui exposent à ce salon. Avec plus de 3 000 acteurs, exposants et visiteurs provenant de plus de 115 pays différents, cette manifestation est devenu la plus important de son genre dans le monde. Avec l’extension récente du lieu où s’est tenu l’IFTF, l’espace d’exposition disponible a été élargi cette année de 12 000 m2 à 22 000 m2.

4 zones importantes de production se détachent dans le monde parmi tous ces acteurs, obtenteurs, producteurs, associations de producteurs, logisticiens, et négociants représentés,:

  • L’Amérique centrale avec en tête la production de fleurs et feuillage de Colombie, de l’Equateur et du Costa Rica,
  • L’Afrique avec principalement le Kenya, mais aussi l’Ethiopie, l’Afrique du sud, et Israël,
  • L’Europe avec la part du lion pour la Hollande, l’Italie, l’Espagne et le Portugal, et bientôt la Turquie plaque tournante entre l’Europe et l’Asie.
  • L’Asie avec la Corée du sud, le Japon, L’inde, le Pakistan et bientôt la Chine

En dehors de l’offre mondiale de fleurs et plante qui est extrèmement intéressante large et variée, les grandes tendances remarquées montrent les premières conséquences des changements profonds qui modifient l’ensemble de la filière fleurs et plantes depuis quelques années. Je ne parlerais pas ici en détail des très nombreuses nouveautés et innovations variétales présentées, ni de la multitude de nouveaux concepts marketing proposés, mais je me suis attaché à comprendre en discutant avec les principaux acteurs présents.

Les tendances structurantes de ces marchés.

Eco responsabilité

Toutes les nouveautés présentées sont maintenant en lien avec le développement durable, soit en utilisant moins d’intrants pour être produites, soit en étant plus résistantes aux variations climatiques et aux maladies, soit en proposant un support de culture, un emballage ou un acheminement plus compatible avec la responsabilité environnementale.

 Course au gigantisme

 Dans le domaine de l’obtention le mouvement a été amorcé il y a bientôt 10 ans et il ne se passe pas de mois sans que la chronique soit alimentée par les nouvelles de rachat de Sté d’obtention, de multiplication ou même de distribution à travers le monde par l’entreprise DÜMEN ORANGE. Cette entreprise avec l’aide de fonds d’investissement privés fait main basse sur toute la recherche et l’innovation de végétaux d’ornement. La concurrence se fait rare dans ce domaine et la future dépendance des producteurs devrait en alerter plus d’un.

Dans le secteur des bulbes, La Société Van den Bos flowerbulbs voit des fonds d’investissement faire une entrée remarquée au sein de son capital en reprenant toutes les parts des actionnaires sortant de cette entreprise leader dans son domaine.

Le Siat Group consortium mondial spécialisé dans l’huile de palme et ses dérivés prévoit l’acquisition des deux principaux obtenteurs Belges de plantes en pot exotiques, et ne s’arrêtera certainement pas là.

Les producteurs aussi se rassemblent en groupement de production, en coopératives de vente, ou en créant une société indépendante de commercialisation. Cette tendance est nettement visible au niveau des stands commun qui occupent de plus en plus de place dans chaque salon, au détriment de stands d’entreprises individuelles, que les fleurs et plantes soient d’origine Colombienne, Kenyane, Néerlandaise ou en provenance de tous autres pays.

Les négociants et exportateurs sont également dans une phase active de regroupement, rassemblement, fusion d’entreprises. Les pays bas réalisent annuellement plus de 5 milliards d’€ d’exportation de fleurs et plantes, le Dutch Flower Groupe (DFG) avec seulement 30 entreprises regroupées réalise a lui seul plus d’1 milliard d’€ d’exportation, soit 20 % du CA total.

Les acheteurs ne sont pas non plus en reste de regroupement et consolidation, pour preuve en France le récent projet de fusion par In Vivo de Gamm Vert, Jardiland et Delbard. Et chez nos voisins Européens tous les regroupements d’enseignes qui sont à l’ordre du jour.

Le temps où la finance ne s’intéressait plus à la filière ornementale est bien révolu. Les fonds d’investissements privés, les consortiums de tous poils, les banques d’affaires, s’intéressent de nouveau à la filière végétale, ces nouveaux acteurs favorisent les regroupements en espérant en tirer un maximum de profit. Mais tout passe maintenant par la maîtrise de l’information et des datas en circulation.

Bataille pour la maîtrise des datas

 Le marché coopératif FloraHolland a mis en place à marche forcée, sa plateforme d’échanges des datas entre producteurs et négociants exportateurs, cette plateforme devra à terme remplacer les fameux cadrans à la criée. Cette plateforme digitale universelle, baptisée FLORIDAY a été présentée en avant première sur ce salon FHTF. En principe tous les producteurs de tous les pays, adhérents à la coopérative ou pas, pourraient mettre en ligne chaque jour le catalogue de leur offre et gérer leurs commandes sur cette plateforme, moyennant bien entendu des conditions financières variables et adaptées. Les plateformes digitales de distribution déjà existantes tel que FLORAXCHANGE et FLORAMONDO sont également connectées à cette plateforme mère pour le service des négociants exportateurs adhérents et même le DFG qui avait commencé à investir dans une plateforme d’échange indépendante BLUE ROOTS va pouvoir se connecter à cette plateforme hub.

Celui ou ceux qui pourront maîtriser, canaliser, répartir ces flux de datas auront probablement la maîtrise de la production, du commerce et des flux logistiques et bien entendu, des prix et des marges.

Quelle place reste t’il à côté de ces géants

 Les conséquences de ces évolutions vont probablement se traduire par un appauvrissement progressive des gammes pour raisons de rationalisation et optimisation de production et de logistique. Les produits de niche et produits diversifié vont devenir rare et cher et rester l’apanage de producteurs pointus, mais néanmoins performants pour la mise en ligne, le commerce et la logistique.

La diversité de l’offre de végétaux d’ornement reste immense, mais peu compatible avec la standardisation et consolidation en cours.

Le local pour local va très probablement retrouver du dynamisme et s’étendre dans tous les pays à forte consommation de végétaux d’ornement, pour proposer une offre alternative à cette standardisation de l’offre.

L’avenir de la filière végétale sera fait de géants entourés de groupes de nains locaux très dynamiques, innovants, en proximité de leur marché et bien dans leurs petites chaussures. En quelques sorte, David contre Goliath.

Brand Wagenaar

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