Publié par Brand Wagenaar le juin 19, 2018

2018, Une bonne Fête des Mères ponctue un printemps pas facile

Chaque année, trois facteurs déterminants influencent fortement les résultats d’une saison de printemps ainsi que ceux de ses acteurs : la météo, le calendrier et ses conséquences logistiques, les modes et tendances.

Le printemps 2018 a été tardif, difficile pour les acteurs de la production et de la distribution, mais la Fête des Mères a bien relevé le niveau.

Voir en détail le déroulement de la saison ci-dessous

Crédit photo : OHF

Influence de la météo

La température a été exceptionnellement douce en janvier puis très froide en février ponctué par une pointe hivernale du 26 au 28. Après un mois de mars plutôt frais et très pluvieux, le mois d’avril s’est classé au 3e rang des mois d’avril les plus chauds depuis 1900, avec un pic de chaleur précoce qui a concerné l’ensemble du pays du 18 au 22 avril. Le mois de mai a été contrasté : le quart nord-est a bénéficié d’une grande douceur alors que les températures sont souvent restées assez fraîches au sud. Dans l’ensemble la luminosité a été déficitaire sur les 5 premiers mois de l’année (-10% comparativement à 2017.

Les conséquences de ces variations ont été importantes pour la production et le commerce horticole : la douceur du mois de janvier n’a pas permis de bien terminer la saison des bisannuelles. Le coup de froid fin février a nettoyé les jardins, balcons et terrasses des plantes gélives, laissant un bon espoir pour les ventes à venir, mais la pluviosité et fraîcheur du mois de mars a retardé le début de la saison provoquant des embouteillage dans les serres de production. Les séries précoces de plants de légumes et de plantes à massif en ont souffert gênant bien souvent le bon développement des séries à suivre. Puis, à compter de mi-avril, c’est de la folie. Brutalement la demande est là et le gros de la saison se déroule sur six semaines.

La Fête des mères intervient dans la période météo faste de la fin du mois de mai, favorisant les cadeaux de végétaux d’extérieur pour les jardins, terrasses et balcons.

Le calendrier et ses conséquences logistiques

Les fêtes de Pâques qui étaient très tôt en saison cette année, les 1er et 2 avril dans un contexte gris et humide n’ont pas permis de donner le coup d’envoi. Mais dès le 15 avril en raison de l’embellie météo, tout s’accélère, demandant aux acteurs de la production et de la logistique des trésors d’imagination pour louvoyer entre les obstacles posés par les jours fériés en pleine semaine et les quelques perturbations sociales. Mardi 1er mai, mardi 8 mai, Jeudi de l’Ascension le 10 mai et lundi de Pentecôte le 21 mai, Pas assez de jours ouvrables, pas assez de camions, pas assez de chariots, pas assez de bras. Ce fut un mois très éprouvant pour tous les acteurs de la filière. Ces circonstances ont favorisé les bonnes ventes du mois de mai et de la fête des mères.

Les modes et tendances

Le facteur modes et tendances a été particulièrement influencé par les deux facteurs ci-dessus.

Les ventes de plantes annuelles conditionnées en barquettes régresse depuis les années 2000 au profit des ventes de plantes prêtes à poser qui offrent un résultat immédiat. La configuration météorologique a encore amplifié cette évolution pour la courte période des ventes de ce printemps. Les ventes de géraniums ont été bonnes, un peu grâce au pic de froid de fin février, mais peut être aussi grâce à l’action promotionnelle générique entreprise pour cette plante. La période de vente a été courte mais suffisante pour absorber les productions.

Les ventes de dipladénias sont toujours importantes mais ont souffert de cette période de vente trop courte. La concurrence est forte et cette star montante de la dernière décennie a recours aux prix réduits, promotions et remises pour garder sa place.

Pour la Fête des Mères, les végétaux d’extérieur prêt à poser ont vu leurs ventes progresser en moyenne de 20 % au détriment des ventes de végétaux fleuris d’intérieur.

Pour ces ventes de végétaux d’intérieur, ce sont sans aucun doute, les plantes vertes, les succulentes et les cactées et bonzaï qui ont occupé le podium, reléguant les phalaenopsis et autres orchidées au rôle de figurantes des prix cassés.

Les plants de légumes font exception cette année, les ventes de début de saison ont été poussives. Ils ont toujours la cote, mais se doivent d’être de plus en plus BIO ou AB. Dès les premières semaines

d’avril, les plants de ces catégories ont été toutes vendues rapidement et difficiles à réapprovisionner alors que les ventes des plants de légume classique ont été plus difficiles et ont traîné en longueur.

En pépinière ornementales d’extérieur, la tendance est nettement aux plantes double effet : Ornementales et parfumées, ornementales et utilisable en cuisine, ornementale et fonctionnelles (attirantes ou répulsives) selon l’usage que l’on en attends. Une plante à double effet, une belle histoire en accompagnement, voilà des pistes intéressantes à exploiter pour les vendeurs de végétaux.

Le ressenti des acteurs

Les fleuristes ont bien travaillé pour la fête des mères, particulièrement ceux qui avaient chargé en plantes prêtes à poser. Leurs ventes de fleurs coupées et compositions ont légèrement dépassé celles de l’an dernier. Les horticulteurs détaillants sont également satisfaits. Les horticulteurs producteurs se sont arrachés les cheveux en jonglant avec la météo, la place disponible, et les moyens logistiques, mais c’est passé de justesse. Les grossistes ont du faire preuve d’une grande réactivité, agilité. La distribution s’est vraiment fait peur en début de saison, mais se rassure progressivement en ayant quand même encore pour objectif d’atteindre les bons scores de 2017, selon le déroulement du mois de juin et de la première quinzaine de juillet.

Conclusions

La saison 2017 était une référence, l’une des meilleures depuis longtemps. Eh bien, malgré les obstacles météorologiques, calendaires ou logistiques, beaucoup d’acteurs ne sont pas loin des scores réalisés l’année précédente, en un temps de vente très concentré ce qui est une véritable performance. C’est le mois de juin qui va permettre de refaire le retard ou de l’accentuer selon son bon ou son m

auvais déroulement météorologique, car le mois de juin 2017 avait été très bon et la saison des ventes s’était étendue jusqu’à la mi juillet.

L’évolution croissante de la demande de prêt à poser sur une période calendaire courte lance un défi à tous les acteurs. Ce défi va remettre en cause les modèles économiques, les rapports entre production et distribution, les habitudes logistiques. Le volume disponible sur un roll CC ou sur une palette et le nombre de rolls ou de palettes dans un camion n’a pas changé. Ce qui a changé, c’est la valeur transportée par rolls CC, palettes et camions. Il y avait plus de valeur marchande sur un roll avec les barquettes de plantes qu’avec les produits prêt à poser. Cette nouvelle équation (prix du transport/volume par roll/livrer moins de rolls plus souvent) va probablement obliger les acteurs à imaginer de nouvelles alliances. Cette année le système a bien failli craquer, à cause de la configuration difficile de la météo, de l’influence calendaire et

du déficit enmoyens logistiques disponibles. Pour répondre à cette croissance de la demande de prêt à poser sur une courte période, il faudra probablement rapprocher la production du lieu de vente et mettre en place des moyens logistiques qui pré supposent de nouvelles alliances et de nouveaux modèles économiques.

Production, logistique, distribution, les jeux ne sont pas encore fait et peuvent prendre une toute nouvelle orientation.

Brand Wagenaar

 

 

L’enquête auprès des acteurs de la filière s’est déroulée du 28 mai au 8 juin par appel téléphonique et entretient vis à vis avec des fleuristes indépendants, fleuristes franchisés, horticulteurs détaillants, horticulteurs vendant à la distribution, grossistes et acteurs de la distribution spécialisée.

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