Publié par Brand Wagenaar le novembre 18, 2010

Toussaint 2010

Ventes de Toussaint

La Toussaint 2010 perturbée par la météo et les grèves

Une mauvaise météo et un climat social tendu n’ont pas permis un bon déroulement de la campagne de Toussaint. Selon les positionnements et les régions, quelques entreprises ont pu toutefois retirer leur épingle, mais la plupart des producteurs annoncent une baisse des ventes entre 5 et 20 %.

D’après les résultats du panel TNS Sofres réalisé pour le compte de FranceAgriMer, les Français achètent 23,5 millions de pots de chrysanthèmes par an pour un montant de 172,4 millions d’€. La plus grande partie de ces chrysanthèmes est cultivée en France pour les ventes de Toussaint. Le marché est globalement stable, car même si la tradition liée au culte des disparus se perd, le nombre de décès augmente depuis 2006. Cette tendance globale cache de nombreuses disparités liées à l’hyper fragilité d’un marché qui se joue en quelques semaines. Cette année, les handicapes ont été multiples.

Un déroulement de campagne chaotique

Jusqu’aux premières semaines d’octobre, la Toussaint s’annonçait identique à celle de l’an passé. Les réservations étaient en place, la qualité était bonne et la mise en bouton était correcte. En troisième semaine d’octobre, dans certaines régions, les gelées matinales ont causé quelques dégâts significatifs aux boutons des pomponettes et multifleurs cultivées à l’extérieur. Par ailleurs, les cumuls de précipitations sur les mois de septembre et d’octobre, proches de la normale au nord-ouest d’une ligne Bordeaux/Strasbourg, ont pu être dommageables au Sud-Est de cette ligne. Les régions Rhône-Alpes et PACA ont connu de fortes précipitations la veille et le jour de la Toussaint.

A ces perturbations liées à la météo se sont ajoutés les difficultés découlant des grèves. En effet chaque semaine du mois d’octobre a été marquée par de nouvelles grèves allant crescendo : les 2 et 12 octobre les transports, le 15 octobre les raffineries affectant progressivement les livraisons en carburant, le 23 octobre grève générale reconductible…

Cette succession de manifestations a fortement perturbé les ventes de la troisième semaine d’octobre, puis la mise en place et les réapprovisionnements de la dernière semaine d’octobre. Certains points de vente ont même procédé à des annulations de réservations surtout dans la partie Nord de la France, surtout au niveau de la grande distribution. Grâce à de nombreuses acrobaties logistiques les mises en place se sont faite quand même au dernier moment dans les points de vente.

Cette atmosphère de crise, renforcée par les craintes de pénuries de gas-oil, a fortement perturbé les ventes en jardineries en 3ème semaine d’octobre. De ce fait certains points de vente ont réduit la confirmation de leurs réservations, ou n’ont pas déclenché les réapprovisionnements.

Le lundi n’est jamais favorable. Selon les producteurs de gros vendant aux GSA, GSB et GSS, une toussaint positionnée un lundi n’est jamais favorable. Sur le plan logistique, les camions peuvent rouler plein le dimanche, mais pas à vide et de ce fait les rotations sont moins faciles à mettre en place. Les demandes de réassort des points de vente sont tombées le samedi, elles n’ont pu être satisfaites faute de camions disponibles.  Cette situation a été favorable à la production locale, qui dans la mesure du disponible a pris le relais. En définitive, selon le positionnement et selon les régions, quelques entreprises annoncent une bonne toussaint, mais la plupart des producteurs annoncent une baisse des ventes entre 5 et 20 % selon les cas.

Des points de vente sous tension permanente

Cette période de toussaint est traditionnellement une occasion annuelle pour les consommateurs de se déplacer sur les sépultures de la famille. Par la crainte de manque de carburant, nombre de ces déplacements ont été ajournés.

Les principaux lieux d’achat des chrysanthèmes restent la grande distribution ou les jardineries avec le tiers des volumes et le quart des sommes dépensées, suivi des horticulteurs (16,2 % des volumes et 17,1% des dépenses) et des fleuristes en boutiques (15,7 % des volumes et 21,1% des dépenses). Les grandes surfaces et la distribution spécialisée n’ayant pas toujours osé faire les réapprovisionnements nécessaires, les horticulteurs détaillants produisant du chrysanthème ont bien vendu, d’autant plus que dans les derniers jours d’octobre le temps était ensoleillé sur la moitié Nord/Ouest de la France.

Des prix chahutés surtout au Nord Ouest

Dans ce contexte très agité les prix ont eu du mal à se stabiliser. Certains gros producteurs, principalement dans la région nord de la France ou de la région des Pays de la Loire, se sont retrouvés en troisième semaine avec beaucoup de plantes sur le terrain. La date du premier novembre approchant, ils ont proposé des prix bradés qui ont perturbé le marché sur les 15 derniers jours du mois. L’évolution des prix se différencie donc géographiquement selon les deux moitiés de la France : au Nord Ouest de la Ligne Bordeaux/Strasbourg les prix sont plus tendus, alors qu’au Sud/Ouest de cette ligne on a pu constater une petite revalorisation.

Evolutions produits

En ce qui concerne les catégories de chrysanthème, les plantes classiques de taille et de qualité normale, produite en grande quantité subissent une forte pression sur les prix, alors que les plantes de qualité très soignées, de taille supérieure ont pu être revalorisées. Ce dernier type de plante est en général contractualisé avec les acheteurs.

Les quantités de plantes à grosses fleurs éboutonées diminuent depuis plusieurs années. Elles sont en général produite en cultures dirigées, et cette année, le nombre de plantes mises en marché n’étant pas en surnombre, les prix ont pu se revaloriser pour les belles plantes.

Les prix des bruyères se sont bien tenus pour les Callunas, moins bien pour les Gracilis. Les cyclamens en pots de 10cm ont pu tenir le prix, alors que les cyclamens en pots classiques 13, 14 ou 15 cm, les prix ont cédé du terrain.

Le prix des barquettes de pensées se situe au niveau des prix de l’année passée pour les produits classiques, alors que les produits présentés ou marquetés permettent une revalorisation.

Evolutions couleurs

Les potées, coupes ou jardinières composées de chrysanthèmes de plusieurs couleurs vives se sont en général bien vendues. D’autant plus que dans l’ensemble l’on peut noter une évolution significative du goût pour les couleurs vives et franche, rouge vif, orange, rose. La couleur blanche est de plus en plus demandée, au détriment des couleurs jaunes, mordorées, violet foncé. Il est à noter que les obtenteurs de bruyères Calluna ont fait un très bon travail de sélection et présentent un assortiment de plus de 10 couleurs variées. Cette diversification couleur a bien favorisé la vente des bruyères cette année.

Les producteurs font de la résistance

Dans un contexte particulièrement difficile les ventes se sont donc faites au dernier moment, nécessitant beaucoup d’efforts, mais elles se sont faites. Ce contexte particulièrement difficile permet de mettre en avant l’adaptabilité impressionnante des acteurs de la filière.

Par ailleurs, il est significatif de constater que les produits qualitatifs, bien travaillés, bien présentés ont trouvé leur marché, sans trop céder sur les prix, alors que les produits standards produit en quantité semi industrielle ont eu plus de mal à s’écouler

Brand Wagenaar

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