Publié par Brand Wagenaar le octobre 6, 2011

Retour en force du jardin urbain

Photo Bacsac

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De vivrier rural, le jardin était devenu « jardin d’ornement » en s’installant dans les banlieues des grandes villes. Aujourd’hui il conquiert la « nouvelle ville » avec ses très petits espaces et ses terrasses des jeunes couples urbains éco responsables qui mixent déco, potager et fruitiers.

Le jardin urbain économique, écologique et social

Les différentes formes de jardins urbains

Un challenge pour les professionnels de la production et de la distribution

Le jardin urbain et l’engagement

En France, en Angleterre depuis plus de deux siècles, en Belgique, en Allemagne où la tradition des Kleingärten remonte au XIXe siècle, et dans de nombreux autres pays d’Europe, les jardins urbains sont d’abord nés du besoin de nourrir la famille pour des raisons économiques. Puis, sous l’effet de l’amélioration des conditions de vie, les jardins ont évolué vers une fonction plus décorative. Les habitants de ces pays n’ont jamais autant ressenti qu’aujourd’hui le besoin de jardins urbains, privé ou public, partagé voir même sauvages ou squatté. En cette période de crise, le jardin « vivrier » fait une percée remarquable chez les jardiniers amateurs et confirmés.

Jardin urbain économique, écologique et social

Le nombre de jardins est croissant et leur rôle devient désormais déterminant dans la vie quotidienne de nombre de leurs propriétaires, qui n’hésitent plus à les considérer comme un moyen de réduire les dépenses alimentaires. La vocation vivrière s’accentue, tout en restant des lieux de détente, d’agrément, de convivialité et d’engagement pour le respect de la nature. L’offre de végétaux a intégré une partie de ce volet écologique avec notamment les plants et les fournitures bio. Au-delà de ce premier niveau de prise de conscience va s’affirmer de nouvelles exigences notamment en matière de réduction du coût écologique du transport avec une prime à provenance locale. Tout ce qui n’est pas produit localement va devenir de plus en plus cher suite à l’augmentation vertigineuse des coûts de transport. Toutes les catégories sociales en ont déjà l’intuition.

L’encrage social reste un moteur du jardin urbain avec beaucoup d’individus encore rattachées par leur passé à des souvenirs agréables de jardinage. Ils sont tentés d’y retourner car la capacité à produire des fruits et légumes localement est encouragée et développée. Le coût du foncier étant actuellement dissuasif et la politique de densification des villes réduit la taille des jardins et muktiplie les espaces à vivre à l’extérieur sur balcon ou terrasses. Le principe des jardins partagés, jardins collectifs se généralise, renforçant ainsi la fonction de lien sociale qui colle bien avec l’évolution actuelle de la société : communauté, réseaux, lien social.

De multiples formes de jardins urbains

Le besoin de nature, l’éco responsabilité citoyenne grandissante, l’envie de vert qui animent les habitants par goût et les élus par obligation de répondre à une demande favorise le rééquilibrage de l’espace urbain bâtit au profit  de l’espace représentant la nature. Ce rééquilibrage passe par la mise en place de multiples formes de jardins urbains.

Un nombre toujours croissant de particuliers propriétaires d’espaces végétalisable,  petit jardin, terrasses, balcon, murs, toits, montrent un regain d’intérêt pour la valorisation et l’optimisation de ces espaces. Le nombre de magazine et d’émission de télévision allant dans ce sens favorise cet engouement.

Les jardins familiaux traditionnels situés à proximités des habitations, divisés en lopins occupé en partie par un petit abri de jardin, touchent un public élargi d’actifs, de retraités, de chômeurs qui ont aussi l’envie de cultiver un jardin sans avoir les moyens d’en être propriétaires.

Les jardins pédagogiques, hybrides entre les jardins familiaux, les jardins communautaires et les jardins scolaires, favorisent le développement de la sensibilité des enfants aux forces et fragilité de la nature végétale. Ils permettent souvent de redonner du sens et de susciter des vocations.

Les jardins communautaires sont nés aux Etats unis et au Canada de l’appropriation par un groupe d’habitants d’une friche industrielle ou d’un espace communal pour le cultiver et l’embellir. Ils ont rapidement fait des émules en Europe ou cette opportunité de contestation pacifique trouve un large écho particulièrement chez les jeunes.

Les jardins thérapeutiques, visent à favoriser la réinsertion sociale, ils participent de mieux en mieux aux stratégies thérapeutiques de bon nombre d’établissements hospitaliers.

Sans oublier bien entendu, les espaces verts publiques, parcs et jardins, qui sont le poumon vert des villes et permettent aux habitants n’ayant pas d’autres possibilités d’avoir un accès rapide à un environnement naturel. Les élus prennent grands soins de mettre en avant ces espaces verts dans leur communication sans pour autant leur allouer le budget qu’ils méritent, et bien souvent ces espaces naturels servent d’écrin aux richesses patrimoniales d’une citée.

Ces dernières années de nouvelles techniques culturales comme les prairies fleuries, développées par des sociétés de semences, permettent de végétaliser de nouveaux espaces en favorisant l’indispensable bio-diversité.

Un challenge pour les professionnels

L’une des particularités intéressantes du jardin urbain, c’est qu’il exige un engagement, l’engagement de celui qui prend la responsabilité de sa création et de son entretien bien entendu, mais aussi l’engagement de tous les acteurs qui proposent des produits, fournitures et solutions pour sa réalisation. Pour coller à cette notion d’engagement les distributeurs généralistes et spécialisés ont progressivement introduit l’engagement dans leurs discours institutionnels et marketing. Les fabricants de produits s’engagent sur le respect environnemental de leur production. Ce basculement à contre courant de l’individualisme égoïste de ces dernières décennies, est peut-être la partie non visible du phénomène jardins urbains, mais ce n’est certainement pas la moindre.

Brand Wagenaar

 

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