Publié par Brand Wagenaar le novembre 29, 2011

Une Toussaint 2011 satisfaisante pour la filière

Photo Verdonnet-Bouchet

Une Toussaint satisfaisante

La météo qui était un peu trop sèche depuis début septembre pour les ventes des plantes à massif d’automne a joué favorablement pour les producteurs et les détaillants de chrysanthèmes. Les conditions climatiques étaient satisfaisantes tant pour la culture,  le ramassage et l’acheminement des plantes vers les points de vente que pour la motivation des consommateurs à leur rendre visite.

Si l’on se réfère aux chiffres de 2010 publiés par TNS SOFRES pour FranceAgriMer et Val’hor, les Français ont acheté 23,1 millions de pots de chrysanthèmes pour un montant total de 179 millions d’euros. 95,6 % des quantités achetées sont destinées au cimetière pour 96,6 % des dépenses. Un quart de la production provient des départements du Nord et du Maine-et-Loire. C’est donc sur cette base que l’on peut apprécier l’évolution des ventes de cette Toussaint 2011.

En ce qui concerne les quantités produites en France, le nombre de plantes cultivées cette année était en très légère diminution selon les catégories de produits comparativement à l’an passé. Les quantités de plantes importées étaient relativement stables. Il n’y avait donc que peu ou pas de sur production cette année. L’état sanitaire des cultures était bon, aidé en cela par un climat très favorable tout au long de la culture des plantes. Les coûts de culture ont été maîtrisables comparativement à la saison précédente nettement moins facile. D’après l’un des acteurs : « C’est la meilleure Toussaint de ces trois dernières années ».

Pour voir l’évolution des différents produits, lire la suite…

Les ventes précoces sont encore timides, la demande était minime au cours des semaines 40, 41, 42, ce qui montre bien la difficulté à modifier l’image de plante de cimetière attachée à cette famille végétale riche de possibilités décoratives pour les jardins, terrasses et balcons. Puis tous s’est accéléré en semaine 43. Le jour de la Toussaint, mardi premier novembre était précédé d’un week-end entier, ce qui a favorisé un écoulement progressif réduisant un peu les contraintes logistiques liées ce type de vente focalisé sur une journée.

Les principaux lieux d’achat sont les GSA (33,9% des volumes, 26,3 % des dépenses), suivies par les jardineries (17,5% / 18%), puis par les ventes chez les producteurs (17% / 18%), enfin par les fleuristes (13,6% / 19,1%).

 Evolution selon les différents groupes de plante

Les principaux types de plantes commercialisées sont, par ordre d’importance, les multifleurs cultivés du pot de 15 au pot de 20 cm, les chrysanthèmes et assemblage de plante cultivés en coupes ou jardinière, les chrysanthèmes éboutonnés présentant trois, cinq ou plus de grosses fleurs par pot, viennent ensuite les chrysanthèmes de plus petit calibre cultivés en cycle court sous photopériodisme. Par ailleurs cette période de vente est traditionnellement favorable à d’autres familles de plantes comme les bruyères et les cyclamens. Les évolutions sont divergentes pour chacun de ces groupes.

 Le groupe des multifleurs

Une part importante de ce type de produit se cultive du pot de 15 au pot de 20 cm. La qualité des plantes était bonne à très bonne, la maturité de floraison, à quelques exception près était optimum, les quantités mises en cultures et quantités importées correspondaient à la demande. Il ne restait que très peu de plantes dans les aires de cultures après la Toussaint et encore moins sur les points de vente. L’assortiment a progressivement évolué avec de nouvelles introductions comme les variété de type Yahoo ou Avallon. Les coloris jaunes et orangés restent dominants, mais les parmes, les violets et les roses ont aussi les faveurs de acheteurs. La couleur blanche est recherchée, elle augmente progressivement depuis plusieurs saisons dans les assortiments et dans la demande.

 Les chrysanthèmes cultivés en coupe ou jardinières et les assemblages de plantes

Pour cette famille de produits, principalement les coupes de diamètre 27 à  30 cm et les jardinières de 40 cm, la tendance était aux mélanges de couleurs et/ou mélange de chrysanthèmes et plantes à massif d’automne, voir de petite pépinière. La quantité cultivée a considérablement progressée depuis plusieurs années car la demande était là. Cette année, principalement pour des raisons de seuil de prix acceptable par les consommateurs, ce type de produit arrive en limite des quantités absorbable par les marchés, surtout pour les plus gros diamètres.

 Les chrysanthèmes éboutonnés à grosses fleurs

Ce type de produits très populaire avant les années 2000 à fortement régressé depuis et ne représente plus qu’à peine 15 % de l’offre globale. Beaucoup de producteurs le font maintenant sur commande. Cette année la demande était légèrement supérieure à l’offre, facilitant ainsi l’écoulement des plantes disponibles.

 Les produits complémentaires bruyères et cyclamens

Cette année les plantes de complément pour la toussaint comme les cyclamen (7,7 % des ventes) et les bruyères (6,2% des ventes) n’étaient pas à la fête. La demande de bruyères était très moyenne et les prix ont été sous pression. En ce qui concerne les cyclamens et principalement les minis, un vent de panique injustifié partit des cadrans Hollandais deux semaines avant la Toussaint a perturbé toutes les transactions jusqu’au 15 novembre.

 Comment passer du cimetière au jardin ?

Cette bonne Toussaint a été la surprise positive pour une filière qui commençait sérieusement à broyer du noir après un printemps décevant et un démarrage atone des plantations d’automne. Cette bouffée d’oxygène va permettre à certaines entreprises d’envisager plus sereinement les mises en culture à venir.

Il n’en est pas moins vrai que les problèmes structurels de la filière n’en sont pas réglés pour autant. Les prix anormalement bas des cyclamens mini pour cette Toussaint en sont la parfaite illustration. La diminution du nombre de producteurs, la concentration de l’offre, l’instantanéité de la circulation des informations perturbe le jugement de l’ensemble des acteurs, introduisant une dose de spéculation dans un métier qui n’en avait pas vraiment besoin. Le niveau de prix au cadran Hollandais sert maintenant d’indicateur pour beaucoup d’acteur de volume, alors que ce prix n’est plus en corrélation directe avec les volumes réels d’offre et de demande.

Cet aspect spéculatif favorisé par des quantités importantes mises en marché à la même date est dangereux. Cette année les conditions étaient favorables, et pourtant les prix n’ont pas pu être revalorisés. Pour sortir cette plante de son ghetto calendaire, il est indispensable d’en étaler l’offre et la demande plus largement sur l’automne. Le travail qui a été fait pour sortir le chrysanthème de son image de fleur des morts est nettement insuffisant, alors que cette plante magnifique pourrait satisfaire bien des attentes en termes de décoration automnale des espaces à vivre intérieur et extérieur. Les efforts sont à intensifier, car en laissant cette plante sur ce créneau on la condamne à terme à disparaître ou devenir marginale.

 Brand Wagenaar

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