Publié par Brand Wagenaar le octobre 31, 2019

Une bonne intention impossible à mettre en oeuvre pour le 14/12/19

le point de départ du passeport phytosanitaire est bien compris par l’ensemble des acteurs, il s’agit d’assurer la traçabilité du produit, dans le but d’améliorer la protection de l’Union européenne contre les maladies et les parasites des végétaux. Le nouveau passeport phytosanitaire pour « tous les végétaux destinés à la plantation » contribue à garantir la fiabilité de l’ensemble de la chaîne.

Selon la règlementation, à compter du 14 décembre de cette année cette traçabilité doit être mise en œuvre par les producteurs chargé de mettre les références du passeport phyto sur la plante de façon bien visible

Il existe donc différentes possibilités d’afficher le passeport phytosanitaire sur chaque plante individuelle :

  • Sur le pot de la plante en impression ou par une étiquette collée,
  • Un chromo, 
  • Sur la housse de la plante,
  • Par une étiquette accrochée à la plante,
  • sur le plateau de transport, dans la mesure ou toutes les plante du plateau sont de la même référence.

La nouvelle réglementation précise que le texte doit être lisible à l’œil nu visible en un coup d’œil. Si l’intention est bonne, l’application en est bien souvent impossible pratiquement, voici pourquoi :

Si l’on prend le parti d’imprimer le PPE sur les pots, un établissement de production qui cultive 15 espèces, avec 5 références par espèces devra stocker 75 différentes références de pots différents et les opérateurs ne devront pas se tromper en les utilisant sur la machine à rempoter. Qu’en sera-t-il du coût de ce stock, de l’approvisionnement des pots vide sans rupture, du coût du pots pour une impression par petite quantité ?

Si l’on envisage d’imprimer le pot juste après le rempotage ou mettre comme sur les bouteille les étiquettes collées en sortie de machine, l’installation et le réglage du système présente un coût d’investissement machine et coût de fonctionnement très important.

Si l’on fait le choix de mettre un chromo, soit c’est déjà pratiqué par le producteur et dans ce cas il va devoir remplacer tout son stock de chromo par les nouveaux et voir à ne pas se tromper pour bien mettre le bon chromo sur la bonne plante. 

Si ce n’est pas dans ces habitudes de mettre un chromo, cela va être un coût supplémentaire pour les acheter et payer en plus le coût de la main d’œuvre pour le mettre en place. Inconvénient : le chromo ne suit pas toujours la plante tout au long de son parcours jusque sur le point de vente.

Si l’on fait le choix de la housse imprimée, comme pour les pots, plus on a de références plus le problème d’approvisionnement et de mise dans la bonne housse se complique, la mécanisation de ce processus n’est pas simple, et de même que pour le chromos, c’est un coût de main d’œuvre supplémentaire et la housse va-t-elle suivre la plante jusque à destination ?

Si l’on accroche une étiquette à la plante, pour les grande plantes en pépinières c’est envisageable, mais plus la plante est petite moins c’est réaliste et pour cette solution encore, le coût est important. Les producteurs peinent déjà à trouver de la main d’œuvre qualifiée et à la conserver, s’il faut augmenter le nombre d’employés seulement pour satisfaire à cette exigence, qu’en sera-t-il de la rentabilité qui est déjà bien entamée.

En ce qui concerne les obligations de traçabilité des négociants et distributeurs qui achètent les plantes aux producteurs,ils doivent garder pendant 3 ans une trace des produits qu’ils ont achetés.

Comment faire quand le Passeport est une étiquette collée sur le pot ? On décolle l’étiquette et on la recolle dans un cahier ?…

Comment peut-on garder et retrouver des informations concernant une plante qui a disparu depuis longtemps ?

Ouvrir la réflexion à d’autres solutions,  et donner du temps

Le 14 décembre, c’est demain, ce n’est pas jouable pour les producteurs de mettre en place des solutions pour cette date. Ce qui est possible dans un premier temps, c’est de mettre le PPE sur chaque plateau de transport ou sur chaque palette ou CC et sur les documents de livraison et de facturation, tout en continuant à rechercher des solutions pour les cas les plus difficiles à résoudre : large assortiment de plantes, en petit et moyen contenant.

Ne pourrait-on pas imaginer une solution par échanges automatisés de Datas certifiés couplés à chaque bon de livraison et chaque facture, et qui seront de fait beaucoup plus facilement transmissibles et stockable et traçable ?

Il est paradoxale de multiplier les problèmes dans des domaines déjà compliqués : plastiques, coût du travail, qualification MO, pour solutionner un autre problème de sécurité phytosanitaire. A quand une approche globale de l’ensemble des problèmes par une concertation efficace entre les instances de décision règlementaire, la Distribution, la Production.

Brand Wagenaar

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