Publié par Brand Wagenaar le décembre 6, 2019

Toussaint 2019 : sans surprises

Le chrysanthème reste avec l’image de plante de cimetière, alors qu’il a un tout autre avenir devant lui….

80 % du risque supporté par le producteur

Jusqu’aux dernières semaines d’octobre, peu de réservations. Les ventes se sont faites au dernier moment et parfois il reste encore des plantes sur le terrain selon les régions. Et pourtant, la culture du chrysanthèmes est une forte prise de risques de la part des producteurs. Planifier la prochaine saison pratiquement un an à l’avance, commander les plants en janvier, rempoter en avril mai, suivre la culture pendant 6 mois, en la protégeant des parasites et des variations climatiques qui sont de plus en plus forte, distancer les plantes, pincer ou éboutonner en cherchant une main d’œuvre de plus en plus rare. Le pari est vraiment compliqué à réussir.

Références Toussaint 2018

Selon l’étude réalisée à partir du panel consommateurs Kantar TNS pour VAL’HOR et FranceAgrimer, le chiffre d’affaires des achats de fleurs et plantes à l’occasion de la Toussaint 2018 a représenté 170 Millions d’€, dépensés par les plus âgés d’entre nous, soit 1/5ème des foyers Français qui ont dépensé en moyenne 25 à 26€.

En sommes dépensées, les jardineries et les LISA se sont partagé 40% de ce marché, suivit par la grande distribution qui s’en est attribué 29%, les fleuristes gardent encore 20% de ce marché, les 16% restant se répartissant entre les autres circuits de vente.

D’après les producteurs interrogés, les mises en culture pour la Toussaint 2019 ont été réduites de 5 à 10%. La baisse est variables selon les types de produits, et la typologie des producteurs.

Une météo assez clémente en dehors des périodes caniculaires

En dehors des périodes de canicules qui ont été très difficile à gérer, la météo sur l’ensemble du cycle de culture a été assez clémente et favorable pour la période de livraison et de vente fin octobre. Mais l’ensemble des producteurs ont dû affronter trois épisodes caniculaires éprouvants : fin juin et en juillet , et les fortes chaleurs sont revenues fin août . En 2019 ces épisodes caniculaires ont été assez bref mais marqués par les très fortes chaleurs enregistrées.

La qualité était globalement belle à très belle, la floraison bien à point pour la Toussaint, ce qui représente un vrai savoir faire Français, vu les conditions météorologique parfois extrèmes.

Prudence des acheteurs

Malgré la baisse de la production, les plantes n’ont pas manqué, car les acheteurs ont été très prudent, peu de réservation d’avance et des commandes tardives en octobre. Il est resté encore quelques chrysanthèmes chez les producteurs début novembre et selon les circuits de distribution les ventes n’ont pas été très dynamique et il y a quelques invendus surtout pour les chrysanthèmes.

Encore cette fois ci, ce sont les horticulteurs détaillants fréquentés par une clientèle locale traditionnelle et fidèle qui ont bien tiré leur épingle du jeu et annoncent même pour certains une bonne Toussaint.

Les jardineries et Lisa annoncent une fréquentation en baisse et des ventes un peu décevantes en ce qui concerne les chrysanthèmes et pour beaucoup, ils ont encore des plantes à solder début novembre. Pourtant la gamme des plantes proposés était assez large et variée, de belle qualité et le succès des ventes était vraiment contrasté selon les catégories.

Les coupes de plantes, par exemple et les jardinières en mélange de plantes, se sont très bien vendues.

Malgré des promotions en tract et prix très bas, les ventes étaient plutôt moroses pour la grande distribution. La présentation des plantes en l’état, bien souvent des plantes de qualité moyenne, étaient encore serrée dans leurs housses d’emballage en plastique, ce qui n’était pas très vendeur.

Depuis longtemps, les fleuristes considèrent la Toussaint non pas comme des journées de vente intéressantes, mais comme un passage obligé pour pouvoir répondre à une demande qui diminue d’année en année.

Ventes contrastées selon les catégories de plantes

Malgré la baisse des quantités de chrysanthèmes classiques multifleurs ou pomponettes en pots de 2 ou 3 litres mises en culture, il en restait encore bien assez. Les coloris vifs sont partis les premiers. Les pots en trois couleurs ou carnaval bénéficie encore de l’attirance des consommateurs. Les trois couleurs, trio, ou carnaval en coupes se sont bien vendus.

Paradoxalement, les chrysanthèmes grosses têtes cultivés en éboutonnées, dont la production s’est réduite comme peau de chagrin, commence à être recherchés dans certains secteurs . Les nouvelles variétés en rucher, ou fleurs de type dahlia ont séduit un public plus jeune.

Les cyclamens se sont bien vendus, surtout quand ils étaient en mélange dans des coupes et jardinières. Il en va de même pour les bruyères, dont l’assortiment s’est bien diversifié, en nouvelles couleurs, et en contenants coupes et jardinières proposées en trois couleurs mélangées.

Ce qui a créé la surprise cette année, ce sont les coupes et jardinières composées de plantes variées, la demande était bonne et étalée du 15 octobre au début novembre.

Accompagner la sortie du cimetière

Le succès des ventes de compositions de plantes d’automne en coupes et jardinières, démontre l’appétence des consommateurs pour une décoration végétale automnale, car les coupes et jardinières vendues ne sont pas toutes allées au cimetière. Beaucoup de villes et villages font des progrès remarquables chaque année dans l’intégration des chrysanthèmes dans leurs plantations d’automne végétalisant les monuments et parterres urbains. Petit à petit cet exemple incite les particuliers à utiliser aussi ces plantes pour le fleurissement automnal de leurs balcons et terrasses. C’est certainement là que se trouve la solution.

Globalement, les ventes de Toussaint ont encore diminué en 2019. Les initiatives entreprises ces dernières années pour diversifier ces ventes, et promouvoir les périodes de plantation pour floraison d’automne montrent déjà quelques résultats, surtout pour la décoration des massifs en ville. Mais la promotion vers les consommateurs est nettement insuffisante, voir inexistante. C’est encore un objectif à atteindre pour l’interprofession.

De son côté, l’Office Hollandais des Fleurs a introduit le Día de Los Muertos (jour des morts) à Paris. Une autre façon, plus joyeuse, de vivre cette journée, avec un rôle très particulier pour les fleurs qui contribuent à une transformation festive de cet évènement.

C’est ensemble que la profession peut faire bouger les mentalités, pour enfin pouvoir faire sortir le chrysanthème de son cimetière.

Brand Wagenaar

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